À 180 Degrés / Chagrin Scolaire
Dans un article, La Nouvelle République apporte un avis sur Chagrin Scolaire. Les cabinets thérapeutiques « chagrin scolaire » et « à 180 degrés » sont spécialisés dans la souffrance scolaire et travaillent selon les principes et prémisses de l’école de Palo Alto.
Comme nous le montre l’actualité depuis quelques années, le harcèlement en milieu scolaire et ses conséquences dans le quotidien des enfants et des adolescents prend de plus en plus d’ampleur, et les réseaux sociaux amplifient les souffrances des élèves, même si elles ne changent pas radicalement la nature des mécanismes en œuvre dans ce fléau.
L’avis d’Emmanuelle Piquet est qu’il s’agit d’une aggravation de l’absence de lieux refuges : « Au niveau de l’espace : « Les gamins ne sont plus en sécurité affective, à 14h le dimanche dans leur chambre. »
Mais aussi la notion de durée et du nombre de témoins : « Avec Internet, il y a cette idée que ça va rester et il y a le vertige de savoir que de très nombreuses personnes ont pu en être témoins. » Emmanuelle Piquet le résume ainsi : « C’est un harcèlement protéiforme, monstrueux et envahissant. »
Selon la thérapeute Emmanuelle Piquet, les enfants et adolescents d’aujourd’hui ont « une peur panique de la solitude ».
Elle s’explique : « Les jeunes sont prêts à tout pour ne pas être seuls, même s’il s’agit d’amitiés toxiques. C’est un phénomène relayé et amplifié par le fait que notre société s’en inquiète plus qu’avant. La communauté adulte est, en permanence, en train de scruter les moindres faits de souffrance relationnelle à l’école, ce qui amplifie malheureusement l’inquiétude et donc la vulnérabilité des enfants et des adolescents harcelés eux-mêmes. »
Alors que les cas de harcèlement augmentent, trois méthodes sont mises en place en majorité par l’éducation nationale : « la préoccupation partagée », la « médiation par les pairs » et pour finir, très souvent, la sanction quand les faits sont matérialisés.
Emmanuelle Piquet a son avis sur ces méthodes : « Il ne faut pas oublier que l’émotion du harceleur, au moment où il harcèle, c’est du plaisir. S’il continue c’est qu’il y trouve un intérêt. Avant que l’intensité de la moralisation ou de la sanction soit au même niveau que celle de ce plaisir et de la sécurisation qui est son corollaire, il peut se passer un temps, très long, infiniment dommageable à la victime »
La méthode que le cabinet met en place se centre sur la victime et l’aide à « faire changer l’inconfort de côté ».
«Nous aidons les enfants à construire, fourbir puis décocher tous seuls des flèches verbales, des flèches de résistance, de défense et d’arrêt qui font que, subitement, l’oiseau de proie populaire n’a plus envie de se frotter au petit mille-pattes parce qu’il prend subitement un risque pour sa propre popularité.»
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