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À 180 Degrés

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« Les élèves harceleurs ont une faible estime d’eux-mêmes et sont en souffrance, c’est pour ça qu’ils harcèlent. »

Vraiment… ?

Ce que nous observons en thérapie depuis plus de 15 ans :

  • les élèves harceleurs sont décrits par nos patients harcelés comme des enfants/adolescents puissants, ayant une forte estime d’eux-mêmes, cette forte estime semblant amplifiée par le harcèlement lui-même.
  • Et en toute rigueur systémique, le fait de pouvoir durablement rester en haut de cette escalade asymétrique demande en effet une certaine confiance en soi et une forme de puissance.

Ce que dit la recherche :

  • une méta-analyse synthétisant 121 études (Tasousis, 2016) aboutit à une relation proche de 0 entre une faible estime de soi et le harcèlement, rendant la première affirmation caduque.
  • Quant à l’idée qu’ils harcèlent parce qu’ils ont été harcelés, une étude suisse menée auprès de 916 collégiens de 11 à 17 ans montrent que les élèves sont moins de 10% à passer du rôle de harcelé à celui de harceleur (Zych et al. mars 2020)
  •  Enfin, les symptômes dépressifs ou anxieux, n’apparaissent pas comme distinctifs chez les auteurs de harcèlement d’après une méta-analyse de 153 études (Cook, CR et al., 2010).

Pourquoi cette croyance est-elle si ancrée malgré ces études ? Elle est liée au biais cognitif « just world fallacy » (Melvin Lerner, 1960) qui nous pousse à croire que le monde est juste et que les actions des individus sont récompensées ou punies, de manière juste, selon leur comportement.

Il semble donc inexact d’affirmer que les harceleurs harcèlent parce qu’ils sont en souffrance.