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Fév07

Les praticiens de l’annuaire ont la parole – Episode 3 Nathalie d’Hoker-Lacour

  Nathalie d’Hoker-Lacour est dans l’annuaire A 180 degrés », car…

« …ce qui est important pour moi c’est de pouvoir travailler avec des collègues avec qui je partage la même approche. Il y a quelques années, j’ai participé à des supervisions avec des collègues d’obédiences très différentes. À un moment donné, au-delà des richesses que cela apporte, ça coince, et il peut y avoir des jugements à l’emporte-pièces, des querelles de chapelle non constructives. On n’emprunte pas du tout les mêmes chemins. Peut-être qu’à la fin on arriverait à la même chose, c’est possible, mais à un moment donné, n’ayant pas les mêmes références ou le même langage ça ne fonctionne pas bien… Et, travailler avec un groupe, échanger, se soutenir… c’est ça aussi, pour moi, un annuaire. Au-delà d’être une référence qui a également toute son importance, c’est une source de ressources amicales et professionnelles. C’est bénéficier de plusieurs cerveaux plutôt qu’un seul ! »

Palo Alto et Nathalie…

« …ça n’a pas commencé brutalement mais, bien au contraire, progressivement par des découvertes et des rencontres. J’ai commencé à m’y intéresser, après un parcours de 15 ans en Ressources Humaines en Grand Groupe et P.M.E (en France et à l’international). J’ai obtenu un DESU[1] de « coaching professionnel et personnel » à l’université de Paris 8. Il permettait, et c’était très bien, d’aborder les deux versants de l’accompagnement au moyen de plusieurs approches. J’ai pour ma part tout de suite accroché avec l’approche systémique présentée à l’époque par Véronique Simon[2]. Je dirai donc que j’ai fait cette rencontre de Palo Alto par la systémique et le constructivisme dans ce cadre-là.

Étant un brin perfectionniste, je voyais bien qu’en cas de problématiques très enkystées, le coaching et l’aide que j’apportais à mes clients n’étaient pas suffisants. C’est à ce moment que j’ai pressenti que Palo Alto pouvait m’apporter quelque chose d’intéressant. Alors, toujours grâce à Véronique Simon et aussi François Balta[3] avec qui je continuais de pratiquer, j’ai choisi d’embellir ma palette en thérapie brève systémique et stratégique chez Virages[4]. Et, j’ai rencontré pour la première fois Emmanuelle Piquet qui était là en tant que formatrice.

J’y ai découvert que Palo Alto est un modèle très performant sur des thématiques à la fois professionnelles et personnelles mais également familiales et enfantines ! Or, l’épanouissement de l’enfant et de la famille me tiennent très à cœur ! Je crois profondément que partager avec nos enfants, le maximum de nos expériences, de nos apprentissages et outils concrets, dès leur plus jeune âge, leur fait gagner en compétences et en confiance et éviter bon nombre d’écueils et de souffrances à l’âge adulte ! A titre d’exemple, je donnerai celui du harcèlement que l’on retrouve aussi bien à l’école qu’en entreprise, mais il y en a bien d’autres ! …
Cette vision s’explique sûrement par une 1ere expérience de plusieurs années auprès de jeunes enfants et d’adolescents, en établissements scolaires, dans le secteur de la jeunesse et de l’éducation pendant mes études d’économie. Et c’est tout aussi sûrement cette belle expérience qui m’a conduite à compléter mes acquis en psychologie enfantine, au moment de la naissance de ma fille ; puis me former, lors de ma transition professionnelle, en parallèle de ma formation de coach, à la communication et la parentalité positive et bienveillante.

La présentation faite par Emmanuelle de l’approche Palo Alto correspondait à cette orientation et tout à fait à ce que je recherchais – en plus d’une proximité de parcours professionnel intéressante et rassurante. J’ai également été éclairée sur ce que j’essayais à l’époque de mettre en mots et d’expliquer à mon entourage (pour qui plus d’une thématique ou spécialité n’était pas envisageable) quand elle précisa que : « Finalement, avec Palo Alto et c’est ce qui fait sa spécificité, on travaille sur la Relation » et donc sur toutes thématiques sans idée préconçue ou jugement de valeur. Cette grande notion, cette globalité qu’est la Relation, me permettait enfin d’affirmer encore plus sereinement que ma spécialité était donc bien de ne pas en avoir !
C’est donc grâce à cette dernière nouvelle rencontre, qu’aujourd’hui, je travaille sur « la RELATION » tous domaines et problématiques confondus. Ainsi, j’offre, à chaque client(e)/patient(e) quel que soit son âge, sa thématique, ou son chemin, un accompagnement au moyen du coaching ou de la thérapie brève. Je le souhaite à la fois humaniste, holistique et en même temps pragmatique. Et je lui associe au besoin, d’autres outils et d’autres connaissances dont je me nourris en permanence (neurosciences, communication/parentalité positive et bienveillante, logique émotionnelle, psychologie, sociologie, éthologie[5], créativité, pédagogie, techniques de recherche d’emploi, etc.). »

Les apports personnels du modèle pour Nathalie :

« Je ne dirai pas que Palo Alto a révolutionné ma vie personnelle, même s’il m’a déjà été bien précieux à plusieurs reprises ! Je dirais plutôt que cela m’a confortée. En effet, je n’ai jamais aimé les étiquettes et j’apprécie rarement les positions ou les points de vue très marqués sans qu’il n’y ait aucune place au doute, à la réflexion, au « et si on confrontait ? on enrichissait, regardait les choses autrement ? » … Et je dirais que c’est la philosophie même de Palo Alto, où rien n’est en soi, par nature, « bien ou mal » mais uniquement par expérience et selon les objectifs recherchés. Ainsi, dans un contexte, précis, quelque chose est considéré comme « bien » dans le
sens où ça marche, où c’est adapté (et vis-versa). A contrario d’une vision
cartésienne, binaire en soi, souvent moralisatrice et culpabilisatrice, et qui malgré les limites qu’on lui reconnait aujourd’hui, marque encore beaucoup nos modes de pensées ! Ainsi Palo Alto, en réfutant les focalisations, les généralisations et modes d’emploi (qui ne durent qu’un temps…), permet de rester toujours ouvert et bienveillant ! Une de ses prémisses illustre bien cela : « se dire qu’il y a toujours une logique à ce que l’on fait ». Une fois identifiée, cette logique permet de rejoindre avec bienveillance la personne que l’on accompagne. On peut donc dire que ce modèle a renforcé mon ouverture et ma bienveillance ! Et en tant que grande adepte de la bienveillance : si je pouvais générer la paix dans le monde, j’adorerais [rires]. »

Ce que Nathalie préfère dans une thérapie :

« C’est lorsqu’il y a une certaine complicité qui se met, peu à peu, en place avec le patient ou le client. Quand je vois que cette complicité qui permet une souplesse toute naturelle, redonne place par moments à l’humour et à une certaine légèreté, alors même qu’il y a encore des difficultés non résolues. Je ne saurais vraiment comment expliquer… mais c’est au niveau du lien que ça se passe. Et, c’est toujours possible même quand les problématiques sont assez lourdes (j’ai parfois l’impression qu’elles le sont parce que c’est seulement après avoir essayé mille choses que l’on se dirige vers une thérapie brève). C’est quand on sent que la personne est un peu plus soulagée, que sa posture change, que son regard s’anime autrement, que l’on perçoit presque comme un léger sourire… ce n’est pas vraiment l’insight dont on parle en coaching… mais on est dans une espèce de flow…un mouvement différent a pris forme, une étape est franchie et avec ce nouveau souffle arrivé, une certaine légèreté…

Mais, en perfectionniste que je suis, quand je sens, que j’estime que je n’ai pas été suffisamment bonne, que je pense avoir oublié de dire ou faire « telle ou telle chose », je note mes idées après la séance et ça m’arrive souvent de le faire, dans ce cas-là, aussi le soir, avant de m’endormir, sur un bloc prévu à cet effet que j’ai à proximité ! surtout si je veux qu’elles me sortent de la tête et éviter qu’elles ne me réveillent… »

Conseil à qui a envie de se former à la systémique selon Palo Alto :

« Ce serait d’assister personnellement à une séance avec un bon thérapeute. On voit bien dans ce cas à la fois la toute-puissance et la complexité de cette approche, puisqu’il faut stratégiquement trouver les bons leviers de motivation du client/patient. Mais attention, car en même temps on peut avoir le sentiment que c’est simple surtout si le thérapeute est excellent et qu’il n’y a pas de décryptage derrière. Ce serait toutefois une grande chance de pouvoir assister à cette alliance de simplicité et de complexité en « live ». Aussi, tentez de l’obtenir auprès d’organismes référencés… Il sera bien sûr toujours plus simple de lire des ouvrages. Il en existe de nombreux. Mais attention toujours à ce faux semblant de facilité auquel ils pourraient vite nous laisser à penser !
En tout cas, il convient de se former avec un organisme reconnu[6], comme « A 180°/Chagrin scolaire par exemple, qui intègre beaucoup de pratique et de nombreux visionnages de séances ! Et si Palo Alto est une approche que je recommande car elle est passionnante, riche et performante… il vaut mieux être sûr qu’elle convienne vraiment avant de s’y engager car il ne faut pas s’attendre à se sentir à l’aise et être « très bon » de suite ou encore après seulement quelques semaines ou mois de formations. Il faut au contraire beaucoup d’investissement et des années pour bien faire. Et c’est incessant, en fait. [rires].
Aussi, quoi de mieux, pour bien le déterminer que  de réfléchir à ce que vous ne parvenez pas à résoudre depuis longtemps et, d’expérimenter l’approche pour vous même… ? » 

 Nathalie conseille non pas un ouvrage mais plusieurs :

Mes bibliothèques en sont pleines ! Alors que choisir ?… Disons que j’aime beaucoup l’approche de départ de Bateson : l’anthropologie (mon rêve de jeunesse avec la sociologie), et son parcours d’une grande diversité. J’ai donc des affinités avec ce type de recherches qui est dans le non-jugement, l’ouverture positive et cultive la curiosité avec rigueur scientifique. J’aime tous ses ouvrages qui sont riches mais denses. Aussi, je recommanderais : « Vers une écologie de l’esprit » relatif aux sciences sociales, à la communication, l’ouverture de la pensée occidentale et « Communication et société ».

En thérapie brève et stratégique et comme livres de chevet, car ils se lisent sans qu’on ait besoin d’être initié ou professionnel, j’apprécie surtout : « Stratégie de la thérapie brève », de Paul Watzlawick et Georgio Nardone, « Faites votre 180° ! ou vous avez tout essayé. Et si vous tentiez l’inverse ? » d’Emmanuelle Piquet et « Bref ! : (Comment faire pour que ça change vite et durablement avec Palo Alto) » de Muriel Chabert. Ils reprennent simplement les concepts et notions fondamentales et les illustrent par des cas très diversifiés dont les solutions sont parfois explicitées, à la fin pour le suspens (et ça marche !). Ils illustrent bien combien Palo Alto, qui semble simple, s’avère finalement complexe à pratiquer, car stratégique et créative, et à chaque fois adaptée aux situations personnelles. C’est la stratégie-rigoureuse, qui permet à la toute-puissance de la créativité d’être dans le concret et non de rester dans des concepts purement intellectuels. J’adore cette association de la stratégie et de la créativité !

Sur des thèmes plus spécifiques, comme le harcèlement scolaire, je trouve que tous les livres d’Emmanuelle [Piquet] sont excellents, on plonge au cœur du sujet. « Le harcèlement scolaire en 100 questions » est très complet ! Dans « Je me défends du harcèlement » ou « Je me défends du sexisme », elle réussit aussi l’exploit, de les adapter aux jeunes et aux parents (ou enseignants/éducateurs) qui vivent parfois ces situations violentes de ce type et d’y apporter un côté ludique et finalement heureux !

Dans le domaine scolaire, et destinés aux enseignants/éducateurs, « Comment ne pas être un prof idéal » d’Emmanuelle, qui s’avère très soulageant ; « Palo Alto à l’école » de Michel Vidal et Teresa Garcia-Rivera, est en accès libre sur Sup Agro.

Pour les relations de travail en entreprise : « Essaye encore ! : Déjouer les pièges relationnels au travail avec l’approche de Palo Alto » de Karine Aubry et Estelle Boutan. Pour finir, même si ce pourrait être un préambule, le livre, hors domaine de la thérapie brève mais le berceau des idées qui m’ont conduites à Palo Alto : « L’erreur de Descartes – la raison des émotions » d’Antonio R. Damasio, découvert lors des recherches pour mon mémoire de diplôme de coaching « La gestion des émotions : un atout pour atteindre nos objectifs » (un livre en soi… [rires]). Damasio y relève les erreurs de jugement de Descartes sur la dualité et suprématie de l’esprit sur le cœur (les émotions) et le corps ! Or, en thérapie brève, on associe toujours les émotions pour accompagner et faciliter toute prise de décision ou désir de changement».


1 DESU : Diplôme d’Etudes Supérieures d’Université
2 Véronique Simon : coach, superviseur et formatrice, intervient dans le cursus de coaching de HEC, Paris 8 et UCO. Elle a créé et développé une Direction du Coaching Managérial Interne au sein d’un groupe financier ; est formée à l’approche systémique brève à l’Institut Gregory Bateson de Liège, à l’approche systémique constructiviste du coaching par Françoise Kourilsky, à l’approche Gestalt par Marie-José de Aguiar à l’école Indigo
3 François Balta : médecin psychiatre, formateur et superviseur. Il enseigne l’Approche Systémique 
4 Virages : est un centre de recherches et formations certifiantes en thérapie brève systémique et stratégique, en hypnose et en coaching en Belgique et en France avec pour spécificité d’intégrer les logiques émotionnelles au processus d’accompagnement et de changement
5 comme Jean-Pierre Ameisen l’aborde dans ses émissions « Sur les Épaules de Darwin » émissions diffusées chaque semaine sur France Inter
6 A 180 degrés/Chagrin scolaire, Virages, l’IGB (institut Gregory Bateson), LACT, Circé, école du paradoxe…

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