À 180 Degrés / Chagrin Scolaire
Le centre Chagrin Scolaire au travers d’Emmanuelle Piquet, (thérapeute et fondatrice du centre) expose son approche face à l’hyperactivité. Dans cet article, le média Huffpost donne un avis sur chagrin scolaire.
Lorsque l’on parle d’hyperactivité, elle désigne souvent : « cet enfant si dérangeant qu’il « parle sans y être autorisé », « ne sait pas rester assis plus d’une demi-heure »; « à du mal à se concentrer sur quelque chose qui ne l’intéresse pas » (le bougre!) et « est sans arrêt dans la lune » », constate Emmanuelle Piquet.
Selon la thérapeute : « On ne regarde pas l’entièreté des séquences et notamment pas ce qui déclenche souvent l’agitation et le conflit. »
On répète sans cesse les mêmes phrases à ses enfants pendant des mois sans le moindre effet. «Calme-toi, concentre-toi, sois à ce que tu fais, arrête de bouger, tu es encore dans la lune ?»
C’est par exemple le cas de nombreux parents (reçus en consultation) pour qui chaque soir, les devoirs sont un véritable calvaire. « Je dois l’appeler 5 fois, ensuite il se tord sur sa chaise, regarde les mouches voler, ne fait aucun effort de concentration. Toutes le deux minutes, je suis obligée de le ramener sur terre, et à la fin, je m’énerve. Il se met à pleurer. Les cahiers volent et les devoirs ne sont faits qu’à moitié, parfois même pas« .
Dans ce type de situation, bien souvent les parents ont essayé d’en parler avec la maîtresse, mais sans grand résultat. « Elle le canalise beaucoup, mais elle me dit que c’est peine perdue. Elle m’a parlé de ce médicament, la Ritaline. Vous connaissez ? »
Dans ce cas, les thérapeutes du centre Chagrin Scolaire mettent en place une tout autre approche, qui peut paraître au départ contre intuitive :
« Thérapeute – il serait intéressant de voir comment cette hyperactivité se comporte quand elle n’est pas canalisée par des ressources extérieures. Au moment des devoirs, chaque fois que votre enfant commencera à montrer des signes de déconcentration, mais vraiment au tout début-par exemple quand il commence à peine à chercher la mouche dont il va se servir pour se déconcentrer- vous lui direz « je crois bien que ton corps en a assez de ces devoirs, il commence à s’agiter. Va jouer chéri et ne reviens que si tu en as vraiment envie ».
Sceptique au départ, les parents nous racontent des scènes tout à fait étonnantes une fois les 15 jours écoulés :
« Le premier soir, au bout de 5 minutes, il a commencé à s’agiter. Je me suis dit, oh là là, 5 minutes, ce n’est vraiment rien, mais j’ai fait ce que vous avez dit. Et il est parti jouer très content. Mais au bout de dix minutes, il est revenu et il m’a dit : ‘bon au boulot, maman, maintenant’.
J’ai accepté, en prenant l’air un peu forcé et il a recommencé à s’agiter au bout d’un quart d’heure, alors je lui ai réordonné d’aller jouer en lui disant : ‘il faut que tu écoutes ce que ton corps te dit, chéri’.
Il n’a joué que 5 minutes et il est revenu en prenant un air un peu sévère et m’a dit cette phrase que je lui disais sans arrêt avant: ‘allez, si on se concentre un peu, on va finir super vite’. Ce qu’on a fait. »
C’est pour cette raison qu’Emmanuelle Piquet milite aujourd’hui pour : « qu’une lune douillette et ludique soit installée dans toutes les écoles de France. Pour que tous les hyperactifs aient le droit d’y aller faire un tour quand ça les démange. Parce que c’est bien d’être dans la lune parfois. »
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