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Mai08

Retour à l’école : le choix impossible

Beaucoup de parents vont se retrouver face à un choix extrêmement difficile dans les prochaines semaines : remettre leurs enfants à l’école ou non. C’est le cas de plusieurs de nos patients.

A l’ère des réseaux sociaux, l’information est à portée de clic. Pourtant, en cette période de crise sanitaire mondiale, on a rarement eu autant l’impression de ne rien savoir.

Les gouvernements se contredisent d’un pays à l’autre : la Suède a décidé de ne pas mettre de confinement en place contrairement à la majorité des autres pays européens.

Nos politiques se contredisent entre eux : Emmanuel Macron a annoncé la fermeture des écoles alors que Jean-Michel Blanquer venait d’assurer qu’elles resteraient ouvertes.

Les politiques et les scientifiques tiennent des discours complètement opposés : on nous assure d’une part que les masques ne servent à rien, de l’autre qu’ils sont indispensables pour enrayer la pandémie (puis les politiques changent d’avis et les rendent obligatoires).

Les scientifiques entre eux ne sont pas d’accord : qui promet un rebond de la courbe, qui assure que c’est une grippe qui disparaitra à l’été.

La « vérité » change d’un jour à l’autre, d’une heure à l’autre, d’un réseau social à l’autre, et seuls l’incertitude, le doute et la peur restent constants.

Le temps passe, et on essaye d’anticiper sans avoir toutes les informations, à tâtons.

Le ministre de l’éducation nationale a annoncé que le retour dans les établissements scolaires serait progressif, et soumis à de nombreuses conditions. Il a également précisé qu’il ne serait « pas obligatoire ». Le Premier Ministre a confirmé cela le 28 avril.

Un choix laissé aux parents donc. Grosse responsabilité dans un monde où on ne sait rien.

Dans ce contexte, beaucoup hésitent à remettre leurs enfants à l’école. Et on peut les comprendre.

C’est que la responsabilisation fait peur.

On nous laisse la possibilité de faire le mauvais choix et d’en assumer les conséquences. Ce qui est beaucoup moins confortable que se rebeller ou blâmer la personne qui nous a contraints. La responsabilisation, quand elle vient d’une personne qui nous aime et en qui l’on a confiance, permet d’avancer, de grandir. Quand elle vient d’un concept aussi abstrait qu’un gouvernement, que l’on n’a pas la certitude d’avoir le soutien nécessaire, ne serait-ce qu’émotionnel, pour affronter les conséquences possibles de notre choix, la responsabilisation devient paralysante.

Puisqu’on ne « doit » pas renvoyer nos enfants à l’école, mais que l’on « peut le faire », il est important de peser chaque option pour pouvoir prendre une décision qui convienne à chacun, en son for intérieur.

Mathieu et Céline ont deux enfants de 8 et 11 ans, travaillent tous les deux en télétravail depuis plusieurs semaines tout en gérant l’école à la maison. Depuis l’annonce du possible retour à l’école, le débat est permanent.

Céline veut pouvoir retourner au travail, même si ce ne sera pas le 11 mai. Mathieu considère que de toute façon tant qu’on peut ne pas sortir, il faut continuer le télétravail.

Céline veut que ses enfants retrouvent une sociabilité, si importante à leur âge. Mathieu considère qu’ils ne sauront pas respecter les gestes barrière.

Oui mais ils auront encore plus de retard sur leurs apprentissages. Oui mais la plupart des enfants auront accumulé le même retard, et toute leur scolarité ne se joue pas sur ces derniers mois.

Mais même si elle ne peut pas retourner au travail elle n’en peut plus de devoir s’occuper de tout en même temps toute la journée. Mathieu est d’accord, mais en même temps ils ont voulu des enfants, il faut assumer.

Le débat est sans fin puisque même s’ils défendent souvent le même bord, ils n’ont eux-mêmes pas un avis arrêté.

Ils ont même fait une liste de « pour et contre retourner à l’école ». Une autre forme pour un même fond.

C’est que le pour et le contre de chaque décision s’annulent dans une danse sans fin. Ce qui empêche de faire un choix, c’est avant tout l’émotionnel, la peur, la colère… Essayer de prendre une décision « rationnelle », quand elle ne vient pas d’elle-même relativement vite (autrement dit quand elle est alignée avec les émotions comme avec la raison) est souvent empêché par les émotions. C’est que choisir c’est souvent renoncer ou prendre un risque. Il faut donc comparer ce qui est comparable. Non pas « retourner à l’école ou non », mais les risques qui viennent avec chaque option, les inconvénients et surtout les renoncements.

  Renvoyer les enfants à l’école Garder les enfants à la maison
Risques
(ce qui pourrait se passer)
       
Inconvénients
(les aspects pratiques pénibles)
       
Renoncements
(les choses auxquelles il faudra renoncer de manière certaine)
   

La question « les renvoyer ou non » n’a pas de réponse juste ou fausse en soi. Chaque parent, chaque famille amènera sa propre réponse, et elle sera forcément la bonne, puisque ce sera la leur.

Bon courage à toutes et tous.

Amélie Devaux

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