A 180 DEGRÉS - CHAGRIN SCOLAIRE

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Fév15

Et si on parlait autrement du harcèlement à l’école ?

  • Hugo a 12 ans, il a tenté de se suicider, voilà la lettre, lue par sa mère, qu’il avait laissée.
  • « Et tu te sentais comment quand on t’insultait tous les jours ? »
  • « Un élève s’est rendu au lycée avec des armes. Il était victime de harcèlement »
  • Le harcèlement scolaire tue, et quand il ne tue pas il détruit des vies d’enfant qui doivent changer d’école ou même se faire déscolariser.

Tous les documentaires et reportages sur le harcèlement scolaire suivent la même trame.

  1. Le drame
  2. Pourquoi personne ne fait rien (ou pas assez)
  3. La douleur
  4. Il faudrait faire quelque chose (ou mieux)
  5. La violence

Oui le harcèlement scolaire détruit des vies.

Oui le harcèlement scolaire tue.

Oui le harcèlement scolaire c’est mal.

Et après ? Après le visionnage d’un tel documentaire, que se dit un spectateur lui-même harcelé à l’école ou son parent ? « Il faut changer d’établissement », au mieux. « À part le suicide il y a pas grand-chose », au pire.

Éventuellement, on les encourage à en parler un à adulte. Pour que l’adulte fasse quoi ? On ne sait pas bien, mais en même temps il n’y a pas d’autres solutions.

Et si je veux régler le problème moi-même ? Le seul exemple qu’on lui donne est celui d’un enfant arrivé au bout de ses forces qui décide de tuer tout le monde dans son établissement.

Message reçu, le harcèlement on ne s’en remet jamais vraiment. Même quand on continue à vivre, on garde ce fardeau sur le dos à vie. Ça donne envie de continuer à vivre.

On voit des adultes à la tâche, des médiateurs, des réunions, des entretiens, des sanctions. Et un enfant qui va bien, qui s’en est sorti pour de bon autrement qu’en fuyant ?

Un témoignage pas larmoyant, mais plein d’espoir qui dit aux enfants qui le regardent « Eh, on est pas faible toute sa vie, promis ». Un parent qui explique que son gamin s’en est sorti lui-même, est resté dans la même école et que ce n’est qu’un mauvais souvenir ?

Oui c’est moins vendeur, mais dire qu’il existe des solutions ce n’est pas minimiser le problème. C’est permettre aux enfants qui vous écoutent, à leurs parents, de voir le bout du tunnel.

 

 

4 Réponses à “Et si on parlait autrement du harcèlement à l’école ?”

  1. Et si tout ces enfants N étaient qu une Reponse hypocrite des institutions a qui ont impose des enfants Dys dont ils ne veulent pas çar ils sont la répercutions d un surcoût de travail aux quotidien du coup j ai le sentiment qu ils sont D abord isolé par l encadrement avant D être la proie de leur camarade

  2. DERUDDER

    le harcèlement au début  » gentil  » si je puis dire ainsi peut devenir très vite dramatique !! l’élève harcelé peut devenir à son tour méchant , il n’a plus aucunes autres  » autres  » . Peut s’en suivre l’incompréhension des professeurs , directeurs d’écoles primaires mais également maternelles puis vient les principales de collèges . De rendez-vous parfois forcés , d’équipes éducative , de sanctions , d’exclusions même , et pour finir ; changer d’établissement !! Ainsi le cercle vicieux recommence sous d’autres formes mais toujours aussi difficiles à vivre pour les enfants ( qui sont parfois déscolarisés car les enseignants ne « savent plus quoi faire  » mais n’ont surtout pas que ça à faire , c’est bien connu ; ils ne peuvent avoir les yeux partout , ç’est souvent leur réponses !!! Oh bien entendu , on va «  »nous proposer , à nous , parents désarmés qu’il faut  » consulter  » un psychologue , aller dans un centre CMPP ,  » coller des neuroleptiques à votre enfant (ainsi , il sera sage comme une image ) et au final ?? une scolarité fichue , des maux psychosomatiques pour les enfants , un caractère difficile à la maison et nous parents , on se demande , on cherche des réponses , on envoie nos enfants à l’école avec cette peur au ventre , cette hâte de le récupérer à la fin des cours ;ça va , la journée s’est à peu près bien passée … on recommence demain les mêmes craintes mais l’enfant , lui , comment est-il ? que se passe t-il dans sa tête ?? Quant à l’académie , ne rêvons pas , les professeurs ont les « mains blanches  » !! Et pourtant …

    • Amédée

      Professeur des écoles régulièrement confrontée à des parents ne comprenant pas ce qu’est une école et une classe ET mère d’un ado déscolarisé suite – entre autres – à un harcèlement moral qu’il ne parvient pas à « digérer », je me permets de répondre point par point à votre message.

      – Il n’y a pas de harcèlement « gentil », même entre guillemets. Soit il y a harcèlement (c’est une situation qui dure), soit il n’y a pas harcèlement mais disputes entre enfants.

      – Vous écrivez « l’élève harcelé peut devenir méchant ». Tout à fait: il peut devenir méchant, il peut aussi prévenir les adultes de l’école ainsi que ses parents. Que ce soit comme mère ou comme prof, j’ai bien plus confiance dans la parole d’un enfant se disant victime qui n’a pas frappé que dans celle de celui qui a frappé: qui dit que ce n’est pas lui qui a harcelé? Quand un enfant se plaint de harcèlement et frappe, je pense que la première mesure à prendre, c’est de persuader l’enfant qu’il a bien plus à gagner à prévenir un adulte qu’à frapper. Des professeurs spécialisés dans les troubles du comportement chez l’enfant faisaient remarquer lors d’une formation que lorsqu’un enfant maintient un comportement qui pourtant joue contre lui, c’est qu’il y gagne quelque part. Qu’est-ce que le maintient de ce comportement apporte à votre enfant? Cela ne se découvre pas par notre regard d’adulte, mais bien par le regard de l’enfant: il nous faut nous décentrer, et ce n’est manifestement pas toujours facile de trouver le bénéfice que trouve un enfant à se faire punir…

      – Vous parlez de rendez-vous « forcés ». Je ne vois pas comment on peut forcer un rendez-vous, mais vous avez de la chance d’avoir eu à faire à des équipes qui, plutôt que d’abandonner votre enfant à ses difficultés, voulaient trouver des solutions avec vous.

      – La sanction indique la limite à ne pas dépasser. Il fut un temps pas si lointain où nous avons scandé « il est interdit d’interdire » et nous nous sommes rendus compte que c’était une erreur. Du reste, je me place du point de vue de l’enfant frappé ou des parents de l’enfant frappé: que diraient-ils d’une école où on se fait frapper sans que l’auteur de la violence ne soit repris? Vous allez me répondre que, précisément, cet enfant est le harceleur. Dans votre famille, en cas de dispute entre deux enfants, vous défendez celui qui passe à l’acte?

      – L’exclusion ne peut pas être prononcée sans faits graves. L’école est organisée par groupes. Lorsque les hommes fonctionnent en groupe, chaque membre se trouve devoir suivre les règles de ce groupe. Et chaque action hors du cadre perturbe tous les autres membres. Si votre enfant a légitimement frappé parce qu’il est harcelé, alors tous les élèves harcelés (car il n’y en a pas qu’un dans un collège) ont droit à ce débordement… On s’oriente vers une situation de non-droit dans laquelle les plus forts (car il ne faut pas être le moins fort physiquement pour pouvoir frapper) imposent leurs règles aux plus faibles. Les harceleurs deviennent les harcelés et les harcelés deviennent les harceleurs. Donc le fait que les profs décident de l’exclusion laisse supposer que votre enfant se présente à vous comme victime mais que les adultes qui le côtoient et l’observent depuis des années aient un avis contraire. On se trouve typiquement dans la situation où un parent vient vous voir pour vous dire que ce que vous avez vu n’est pas ce qui s’est passé (un grand classique: les parents qui ne sont pas là savent mieux que le prof qui a vu la situation!) car il connait bien son enfant. Oui, les parents connaissent bien leur enfant… à la maison. Mais ce sont les profs qui connaissent leur enfant en classe.

      – Changer d’établissement prouve que l’Etat n’a pas abandonné l’idée que votre fils pouvait cesser de frapper et apprendre à l’école. C’est une chance: aux Etats-Unis, on ne se donne pas tant de mal pour les élèves en souffrance: ils finissent par ne plus venir, et personne ne va les chercher.

      – Je ne comprends pas pourquoi vous parlez de cercle vicieux: tomber sur des harceleurs une fois dans sa scolarité ne suppose pas en croiser tous les ans! Heureusement, d’ailleurs. Il y a des coïncidences qui interpellent: pour que cela se reproduise, il faut que, tous les ans, d’autres élèves aient envie de s’en prendre à votre enfant: pourquoi? Cela déborde le cadre de l’école, et il est effectivement sain, alors, de consulter le CMPP (ce que nous avons aussi fait pour notre enfant: nous n’avons pas vu en quoi l’institution scolaire était en cause dans cela: certains élèves sont « candidats » au harcèlement, d’autres pas: il me semble positif qu’on apprenne à notre enfant à ne plus se trouver dans ce genre de situation et à savoir se défendre (sans les poings, bien sûr).

      – Vous écrivez : « les enseignants ne « savent plus quoi faire » mais n’ont surtout pas que ça à faire , c’est bien connu ». Ah oui, c’est très connu des non profs, mais pas des profs ni de leur conjoint. Le métier est tellement cool et peuplé de tant de fainéants que le ministère prévoit de repasser les recrutements de master à licence. Pourquoi? Parce que les enfants sont bien élevés, les parents charmants, les vacances longues, le salaire attractif. Prenez notre place une semaine: soit vous ne pouvez pas parce que vous n’êtes pas assez diplômée, soit vous vous en sortirez comme une fleur parce que vous êtes éducatrice spécialisée, soit vous changerez d’avis. Les profs travaillent après la classe, le mercredi, le week-end et pendant les vacances scolaires. Leur salaire en France est 20% moins élevé que la moyenne de l’OCDE et, pour peu que l’école soit dans une commune pauvre, il prélève sur ses deniers personnels pour financer sa classe. La panacée, quoi. De toutes façons, tout le monde sait que nous faisons le plus beau métier du monde: il suffit de vous lire pour s’en rendre compte.
      L’auteur du blog sur lequel vous écrivez vient d’écrire un ouvrage intitulé « comment ne pas être un prof parfait ». Lisez la 4ème de couverture: vous comprendrez pourquoi l’ouvrage a du succès. D’ailleurs, je vous écris sur mon temps de travail (pas bien): c’est dimanche et j’ai commencé à travailler à 8 heures du matin. Enfin, croyez-vous pouvoir améliorer la situation de votre enfant en attaquant les personnes qui s’occupent de lui?

      – Non, les profs ne peuvent pas avoir les yeux partout. D’ailleurs, vous-même, mère, avez-vous les yeux en permanence sur toute la couvée? Il y en a un dans la chambre, un aux WC, deux qui jouent/font une bêtise dans le jardin, un qui regarde des vidéos interdites sur Youtube… A la maison, les parents ne le font pas avec quelques enfants (c’est impossible), mais les profs devraient le faire! L’endroit qui pose le plus de soucis dans une école, ce sont les WC. Faut-il y mettre des caméras?

      – Oui, en tant que parents, on est désarmés quand nous voyons notre enfant souffrir sans pouvoir apporter de réponse. Mais les réponses que nous n’avons pas, d’autres les ont: le CMPP (combien de pays dans le monde proposent ce type de service gratuit?), un psychologue, un sophrologue… Ce serait dommage de se priver des ressources qui nous sont proposées lorsqu’elles existent. Nous avons vu au CMPP une psychologue extraordinaire qui nous a permis d’avancer, notre fille et nous, car lorsque notre enfant est en souffrance à l’école, il n’y a pas que l’école qui doit bouger: l’enfant (pour savoir se défendre de façon efficace et non violente) et ses parents (pour soutenir l’enfant efficacement, sur le long-terme et trouver les lieux d’aide les plus adaptés). C’est notre rôle de parents. Oser critiquer l’école quand nous-mêmes, parents et premiers éducateurs ne faisons pas faire notre part, c’est osé.

      -Vous écrivez « coller des neuroleptiques »: mais pour qui prenez-vous les médecins aussi? C’est incroyable, ce dédain pour tous ceux qui ne pensent pas comme vous! Enfin, c’est aussi irrespectueux pour les malades psychiatriques. Comme si tous étaient des fous qu’on shoote! Je comprends que les relations soient mauvaises avec l’école. D’ailleurs, n’est-ce qu’avec l’école?

      – Le caractère difficile à la maison peut venir de plein de choses différentes. Et tout simplement aussi de l’adolescence. Ce qui, au passage, contredit vos propos sur les neuroleptiques: non, votre enfant n’est pas devenu sage comme une image.

      – Vous écrivez « une scolarité fichue », mais pourquoi tant de pessimisme? Votre enfant est encore à l’école: rien n’est fichu!

      – Les maux psychosomatiques des enfants sont faits pour être dépassés: ses souffrances d’hier et d’aujourd’hui feront de lui un adulte différent, avec sa personnalité propre, une expérience de vie dont ses amis, ses collègues, la famille qu’il fondera profiteront.

      – Vous écrivez « on envoie nos enfants à l’école avec cette peur au ventre , cette hâte de le récupérer à la fin des cours ;ça va , la journée s’est à peu près bien passée … on recommence demain avec les mêmes craintes ». Et puisque ça ne se passe pas si mal, peut-être avait-il besoin de ces médicaments (les médicaments, c’est pour soigner la maladie)? Il y a un mieux que vous tournez au négatif. Pourquoi? Relaxez-vous et voyez le positif: ça va mieux! Avec la suite des aides que vous allez lui apporter, ça ira encore mieux, et ensuite, ça ira carrément bien.

      – Vous écrivez « mais l’enfant , lui , comment est-il ? que se passe t-il dans sa tête ?? ». Il est adolescent, il forge son caractère d’adulte, il se garde un jardin secret et nous, parents, nous sentons relégués. Mais n’est-ce pas bon signe?

      – Vous écrivez « Quant à l’académie , ne rêvons pas , les professeurs ont les « mains blanches » !!  » Si je ne peux douter que votre enfant ait croisé de mauvais professeurs (comme tout un chacun: ça fait partie de la vie: l’homme est faillible, les profs comme les autres), je ne peux douter qu’il en ait aussi croisé de bons (la majorité). Les profs ne sont pas des dieux qui résolvent tous les problèmes d’un coup de baguette magique. Ils ne sont ni médecins ni psys (d’où l’intérêt de consulter) et travaillent d’abord avec et pour un groupe (d’où le fait qu’ils ne puissent répondre à toutes vos demandes d’observation). Ils doivent garder un œil sur les élèves en permanence (mais comment fait-on quand la cour d’école comporte des angles morts? comment écrit-on au tableau? Les élèves peuvent-ils encore aller aux toilettes?). L’école, c’est un lieu d’apprentissage de la vie en groupe où chacun apprend à conjuguer son caractère avec celui des autres. L’école n’est pas un lieu de réponse à toutes les injonctions parentales (dites que mon enfant est une victime / qu’il est sage/ qu’il a de bons résultats). Et être parent, c’est apprendre à garder espoir et à agir en toute circonstance pour le bien de son enfant et non pour casser du sucre sur le dos des autres parce qu’on a un enfant différent.

  3. Pour avoir été harcelé durant ma scolarité , je peux vous dire que cela vous suit comme un boulet que l’on traîne avec peine, sans pouvoir réellement le défaire , en gardant une haine qui est plus profonde que soit alors je ris , je ris du commentaire normalisé par une pensée atrophié, dans une société ou le conforme dépasse la soit disant « liberté » dont nous jouissons, ce qui amène à des arguments stérilisés.
    A cause de cette harcèlement, je vis 6ans après,
    des crises d’angoisses, une dépression résistante aux anti-dépresseurs, je dois sans cesse lutter contre l’anxiété, oui le harcèlement à détruit ma vie, c’est un conditionnement….
    Elle est ou la vrai solution ? parce que j’ai essayé pas mal de choses en vain.

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